Depuis quelques années déjà ça bouge beaucoup pour la maison Baume & Mercier dans un but de recadrer la maison et la remettre sur les rails du succès. Le dernier changement de direction qui plaça Geoffroy Lefebvre à la tête de la société ne semble pas être un signe positif concernant l'état de santé de la maison. Et pourtant il se préparait un grand événement en l’arrière-boutique.

Le groupe allait offrir une petite sœur à la marque en lançant ce mois-ci la marque Baume. Cette marque se positionne en entrée de gamme avec des tarifs contenus entre 500 et 1000 CHF. Ce tarif attractif est expliqué par le concept de Baume qui se dote de mouvements japonais Miyota ou Ronda et un assemblage au Pays-Bas. La plus-value annoncée est la possibilité de pouvoir personnaliser sa montre et les matériaux éco-responsables utilisés pour produire les modèles. Ce qui est intéressant c'est que la maison se met en concurrence directe avec tous les projets de crowdfunding à l'esprit start-up. Et pour pousser un peu plus loin ce message de jeune marque ancrée dans son temps, Baume participe même à l'événement Viva Technology, salon dédié à l’innovation technologique et aux startups. Jusqu'ici rien de révolutionnaire me direz-vous, et bien pour l'occasion de sa sortie la maison a collaboré avec 2 startups françaises en travaillant sur l’expérience utilisateur pour offrir à sa future clientèle des essais grandeur nature grâce à la modélisation 3D (Hapticmedia) et la réalité augmentée (SmartPixels).

La maison mise aussi sur des petites complications pour se différencier, en proposant en option au choix une phase de lune, une petite seconde et un affichage rétrograde. Le tout sous différentes tailles de boitiers (35mm et 41mm). Les codes de la maison mère se retrouvent dans le style classique et épuré des versions proposées.

Voici ce que l'on sait de cette nouvelle aventure. Mais que pouvons-nous attendre pour la suite de l'histoire? Quelles questions pouvons-nous nous poser ?

Le choix du nom laisse peu de doutes sur la volonté de la maison de s'appuyer sur son image et profiter des valeurs qu'elle renvoie. On peut se demander quels sont finalement les avantages et les inconvénients pour les deux parties de cette trop proche cohabitation. Prenons comme hypothèse 2 scénarios pour l’avenir.

Si Baume transforme son essai

Si Baume réussit son coup d’essai à quelle suite pouvons-nous nous attendre ? L’expérience nous a montré, avec des maisons tel que SevenFriday ou encore Dietrich, que les sirènes du succès appellent malheureusement parfois à une montée de gamme. On risque alors de voir venir des calibres Swiss-made qui feront monter la facture. Espérons que Baume ne cédera pas à la tentation. D’ailleurs pour ce qui est de la politique tarifaire elle est sensiblement équivalente à celle de ses concurrents qui pour certains proposent des mouvements... automatiques quand Baume propose du Quartz.

Si Baume échoue

Si Baume ne prend pas quelle conclusion pourrons-nous tirer et quelles seront les conséquences pour Baume&Mercier?

N’est pas startup qui veut et surtout pas un grand-groupe. D’ailleurs être une startup n’est pas un but mais une étape. Mon expérience dans l’industrie digitale m’a appris une chose: passé une certaine taille on ne peut pas et on ne sait pas appliquer les codes agiles d’une startup. Les grosses structures du web l’ont très bien compris et au lieu de créer des startups la plupart d’entre-elles préfère acheter celles qui tournent déjà. Rappelons que moins de la moitié des startups passent le cap des 5 ans.

Finalement soyons optimistes, c’est toujours beau d’assister à la naissance d’une nouvelle marque de montre et gageons que Baume nous surprendra par sa créativité et son désir de révolution...