Le penchant pour l’élite est naturel et ancré en nous. Mais lorsque le profit se substitue au désir cela devient dérangeant pour ne pas dire problématique. Ce qui est imité ne l’est pas toujours de la bonne manière, en dehors du manque à gagner se pose également la question sur la réputation de la victime d’une contrefaçon.

Adrien Philippe

La maison Patek Philippe a dès ses débuts dû en faire les frais. Dès 1850 on retrouve des montres signées « Czapack&Patek » ou encore «M.Pateck », certains iront même jusqu’à apposer le nom « Philippe Pateck ».Ce qui nous amène à une anecdote qui fit des vagues à la fin du XIXème siècle.Le 9 Juillet 1885 lors de l’Exposition Universelle d’Anvers on fit une fâcheuse découverte. Lorsque le jury, accompagné d’Adrien Philippe, se présentèrent pour inspecter la vitrine de la maison Armand Schwob & Frère, on trouvait une montre de poche douteuse et portant le numéro de série 26291. Le scandale se déclencha par la présence d’une signature qui mentionnait « Patek & Cie Genève »

S’en suivit un long procès qui fit suivit de près par les journaux. La marque mis en cause tenta dans un premier temps de réfuter la faute en prétendant avoir acheté la montre à un certain Monsieur Bonneault à Paris le 29 mai 1885. Par manque de preuve le procès pris un visage d’éternité où les semaines et les mois se succédèrent sans qu’aucun des partis n’ai gain de cause.Cependant un événement vint basculer l’affaire en faveur de la maison « Patek Philippe & Cie ».

En décembre 1886 une montre signée « Pateck, Genève » et portant les initiales « A.S.&F » (comprenez ici Armand Schwob & Frère) fut envoyée en réparation à la maison « Patek Philippe & Cie ». Une dernière preuve fit surface en 1890 par le témoignage de Georges Roulet, qui déclara avoir déjà gravé le nom « Pateck & Cie, Genève » à la demande formelle et écrite d’Armand Schwob et Frère. Les preuves étant finalement irréfutables, la maison Armand Schwob & Frères fut condamnée et durent payer 15000 francs en plus d’une interdiction d’utiliser le nom « Pateck ». A cette liste de condamnation s’ajoute la publication du jugement dans cinq journaux choisis par la maison « Patek Philippe & Cie » et d’endosser la totalité des frais du procès.